Trois ans de dégafamisation et un an sous /e/OS
À l’occasion des 1 an de mon passage sous /e/OS, j’ai eu envie de regarder un peu le chemin parcouru depuis que j’ai commencé à dégafamiser mon quotidien.
Ça fait environ trois ans que j’avance là-dessus. J’ai commencé par remplacer quelques services faciles à sortir de Google. Proton a pris la place pour les mails, le calendrier, les mots de passe et une partie du stockage. Puis, il y a un an, j’ai passé mon téléphone sous /e/OS pour réduire encore davantage la place de Google dans mon usage quotidien.
Avec le temps, j’ai aussi commencé à auto-héberger une partie de mes services.
Reprendre la main sur mes services
L’auto-hébergement, dans mon cas, consiste à louer un VPS et à y faire tourner moi-même une partie des outils que j’utilise tous les jours.
Ce n’est pas un serveur posé dans mon salon, mais c’est moi qui décide ce qui tourne dessus, comment les services sont configurés, où vont les données et comment elles sont sauvegardées.
Au fil du temps, le serveur a pris de plus en plus de place dans mon quotidien numérique. Mon cloud perso tourne avec Nextcloud, mes photos passent par Ente, ma messagerie par Matrix et Synapse, mon compte sur le Fediverse par GoToSocial. J’utilise aussi Wallabag pour garder des articles à lire, Copyparty pour certains accès à mes fichiers, Vaultwarden en secours pour les mots de passe et Authelia pour protéger l’accès à plusieurs services.
Dit comme ça, ça ressemble vite à une liste de logiciels. En réalité, ce qui compte surtout pour moi, c’est ce qu’ils remplacent. Moins de services dispersés chez plusieurs grandes plateformes, plus de choses que je maîtrise directement.
J’ai aussi mis en place plusieurs sauvegardes chiffrées sur des stockages différents. Parce qu’héberger soi-même ses données sans prévoir ce qui se passe le jour où le serveur tombe, ce n’est pas vraiment reprendre le contrôle. C’est juste déplacer le problème.
Et des alertes qui me préviennent si quelque chose ne fonctionne plus. Le but n’est pas de passer mes journées à surveiller le serveur, justement.
L’auto-hébergement a aussi son revers
Quand un service ne fonctionne plus, il n’y a pas de support à appeler.
C’est à moi de comprendre ce qui s’est passé, de corriger, de faire les mises à jour et de vérifier que tout repart correctement. Il m’est déjà arrivé de passer beaucoup plus de temps que prévu sur un problème qui semblait pourtant banal au départ.
Mais c’est aussi une grosse partie de ce que j’aime dans cette démarche. J’ai appris énormément en trois ans simplement parce que j’ai dû comprendre ce que j’utilisais.
Et surtout, je ne vois plus mes services de la même manière. Avant, j’utilisais une application sans vraiment me demander où partaient les données ou comment elles étaient stockées. Aujourd’hui, je me pose beaucoup plus souvent la question.
Google est presque sorti de mon quotidien
Aujourd’hui, mon seul vrai usage de Google reste YouTube.
Quand une vidéo est disponible sur PeerTube, je préfère la regarder là-bas. Le problème n’est pas l’absence d’alternative. PeerTube existe, fonctionne bien et répond très bien à ce besoin.
Le problème, c’est le contenu.
Beaucoup de créateurs que je suis publient uniquement sur YouTube. Tant que ce sera le cas, il restera difficile pour moi de supprimer complètement ce dernier usage.
Pour tout le reste, Google a quasiment disparu de mon quotidien.
Meta est plus difficile à quitter
Messenger et WhatsApp sont un autre problème, parce que cette fois, ça ne dépend pas seulement de moi.
De mon côté, j’ai déjà déplacé leur usage vers Matrix grâce à des ponts. Les messages passent encore par Messenger ou WhatsApp, mais ils sont relayés vers mon serveur Matrix. Je peux donc recevoir les conversations et y répondre depuis le même endroit, sans ouvrir constamment les applications de Meta.
Pour mes proches, rien ne change. Ils continuent à m’écrire sur Messenger ou WhatsApp comme avant.
C’est pratique, mais ce n’est pas encore une vraie sortie de Meta. Tant que les messages passent par leurs serveurs, la dépendance est toujours là.
La partie technique est donc déjà réglée. La difficulté maintenant, c’est de convaincre les personnes avec lesquelles j’échange régulièrement de passer elles aussi sur Matrix.
Et ça, je pense que ce sera beaucoup plus long que d’installer un serveur.
Mon objectif reste de sortir complètement des GAFAM
Mon but à terme est bien de me passer à 100 % des GAFAM.
Je ne cherche pas à le faire rapidement ni à cocher des cases pour pouvoir dire que je n’utilise plus Google, Apple, Meta, Amazon ou Microsoft. Ce qui m’intéresse, c’est de trouver des solutions que je peux réellement garder sur la durée.
Je n’ai pas non plus envie de quitter Google pour remettre toutes mes données chez une autre grosse entreprise et recréer exactement la même dépendance ailleurs.
C’est pour ça que je mélange aujourd’hui plusieurs approches. Certains services restent chez Proton parce que ça me convient. D’autres tournent sur mon VPS parce que je préfère les gérer moi-même.
Le choix est devenu plus important que le fait de tout faire absolument tout seul.
Quand je regarde où j’en étais il y a trois ans, le changement est quand même important. Google n’occupe quasiment plus de place dans mon quotidien. Meta ne subsiste plus que parce que mes proches y sont encore. Une bonne partie de mes services tourne maintenant sur mon propre serveur.
Le chemin n’est pas terminé, loin de là, mais l’objectif reste le même, arriver un jour à me passer complètement des GAFAM.
Et vous, vous en êtes où de votre côté ? Est-ce que vous avez déjà remplacé certains services, commencé à auto-héberger, ou est-ce que tout ça vous paraît encore trop compliqué ?
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Jack
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