À Lyon les CRS ont chargé plusieurs fois le cortège sans raison, pour choper les banderoles aux DA autonomes, et le chariot de Guerre à la Guerre
Depuis les années 2016 il était devenu traditionnel que les têtes de cortèges soient drapés de grandes banderoles plus ou moins sophistiquées. De simples draps graffés à la bombe de peinture, aux bâches graffées et peintes telles des fresques ou des wagons, en passant par tout types de banderoles à poignées plus ou moins renforcées.
Il s'agit autant de banderoles revendicatives qu'à intérêt tactique et défensif.
Une banderole, ca fait passer un message. Des plus explicites politiquement, aux plus poetiques voire incompréhensibles pour les non-initiés. Les "Foot à Cagoule", "
#CaVaMieux", "Erreur 1312 Slogan Not Found", côtoyant des "À bas la Hess", "Le Black Block colore vos vies", "La Piraterie féministe n'est jamais finie", "La meilleure defense c'est l'attaque"..., ou les "Et qu'il vienne le temps dont on s'eprenne" écrit en lettres rouges gothiques, etc. Et tous les dessins dans textes du collectif Black Lines.
L'intérêt tactique se retrouve dans le fait qu'une banderole permet de se rassembler derrière.
Un mur de banderole, en ligne comme en France, en carré comme en Allemagne, cela permet de délimiter un cortège.
Ça masque. Ça abrite.
Quand c'est renforcé, ça permet de résister aux coups. Ça peut permettre de faire bélier, ou bouclier.
Mais clairement, aujourd'hui on ne peut plus déployer des banderoles comme ça.
Ça leur a mis 10 ans mais les flics avaient de toutes manière vite compris que ces banderoles les empêchaient de réprimer efficacement. Alors avant de taper les cortèges, ils tapent et topent les banderoles.
Aujourd'hui c'est systématique. Ce sont autant d'outils de tactique manifestante qui sont volés, autant de porte-voix écrits, autant de repères pour différencier un cortège, et une manière de silencier la parole. Parce que si on se souvient finalement peu des slogans et des mots d'ordre d'une manif, les photos des banderoles restent et deviennent parfois des légendes. Le mur de banderole du 1er mai 2018 sur le Pont d'Austerlitz à Paris notamment.
Les amoureux de la liberté d'expression sont bien silencieux quand on silencie ainsi la foule en lui volant ses moyens d'expression, par les coups et par la grenade.
Aujourd'hui donc, la mode n'est plus tant aux banderoles renforcées, lourdes et encombrantes. Sauf en quelques occasions où elles ont un intérêt tactique (Sainte Soline par exemple).
De toutes manière, les flics sont de plus en plus mobiles. Entre les BAC, les unités BRAV parfois montées en BRAV-M à moto, les CRS FAR divisés en demi-compagnie et en demi-section à qui une grande initiative est laissée.., ça et les tactique de rupture des cortèges compacts..., cela donne une nécessité de mobilité. Et donc de banderoles légères, plus courtes, moins défensives mais toujours efficaces en termes de mot d'ordre, de slogan, de trait d'esprit ou de coup de pinceau.
Il faut du jetable car il faudra peut-être la lâcher pendant une charge, pendant une course, ou juste la lâcher en fin de manif parce qu'impossible de sortir du secteur avec un tel machin meme plié.
En bref, les banderoles vont demeurer mais elles doivent être adaptées à des enjeux nouveaux.
Et il ne serait pas de trop d'observer ce qu'il se passe en Allemagne, ou des lois fédérales prévoient régulièrement de réglementer au centimètre près la taille des banderoles, leur écartement, voire la taille de lettres des slogans dessus... Probable que ce genre de loi arrive bien vite chez nous, avant qu'ils n'arrivent à totalement interdire de se regrouper dans la rue.
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Crédit photo : Emilie Désir
https://www.instagram.com/p/BwolV8eg8NF/Le légendaire mur de banderoles du Bloc sur le Pont d'Austerlitz, 1er Mai 2018, Paris