ANGVC
L’Association Nationale des Gens du Voyage Citoyens (ANGVC) est une association de Voyageurs créée en 1997 et dédiée au service des Voyageurs.
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Permanence juridique du lundi au jeudi
de 10h à 12h au 01 82 02 60 13
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Lutte contre l'#antitsiganisme #antifascisme
Source: https://bsky.app/profile/rafumab.bsky.social/post/3mrgabnvwtk2f
Loi RIPOST et "gens du voyage" : mesure-t-on la gravité de ce qui vient d'être voté ?
--<-- Mardi 21 juillet 2026 le Parlement a adopté le texte de la loi RIPOST.
Les médias ont largement commenté ses dispositions sur les stupéfiants, les rave-parties, le protoxyde d’azote ou les rodéos urbains.
Sur les gens du voyage, en revanche, presque rien.
Pourtant, la question des « installations illicites » a une nouvelle fois été instrumentalisée.
-->-- #repression #antitsiganisme #GensDuVoyage #RIPOST #violence #haine
RE: https://kolektiva.social/@raar/116923067612411783
Voyageurs·sesEn ce qui concerne plus spécifiquement les différentes formes de racisme le groupe plus ciblé est aussi celui qui bénéficie du moins de soutien dans les sphères militantes, politiques et médiatiques, à savoir les Voyageurs·ses dont
- 49% des sondés estiment qu’ils « vivent principalement de vols et de trafics » (p. 247)
- et 53% qu’ils « exploitent des enfants » (p. 328).
Ce racisme est probablement aujourd’hui celui qui se base le plus sur l’idée d’une différence insurmontable avec la société dominante (une « alterité radicale » dans le texte, p. 324) :
- 72% des personnes interrogées estiment que les Rroms sont « majoritairement nomades »,
- 56% qu’ils « ne veulent pas s’intégrer en France » et seraient « gênées à l’idée d’avoir un voisin rom ».
Des chiffres très élevés alors que le sujet est complètement absent du débat public.
https://raar.info/2026/07/15/commentaires-sur-le-rapport-2025-de-la-cncdh/ (Commentaires sur le rapport 2025 de la CNCDH )
Commentaires de 🙏 @jjr@kolektiva.social: https://juivesetjuifsrevolutionnaires.fr/2026/07/14/commentaire-sur-le-rapport-2025-de-la-cncdh/ co-signé par le RAAR
La Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme vient de sortir son trente-sixième rapport sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie.
Ce document (https://www.cncdh.fr/sites/default/files/2026-06/CNCDH_Rapport%20racisme%202025.pdf) de près de 400 pages est une référence pour décrire la situation du racisme en France
# Echec du PRADO (Plan National contre le Racisme, l’Antisémitisme et les discriminations liées à l’origine)
L’édition 2025 acte l’échec du Plan National contre le Racisme, l’Antisémitisme et les discriminations liées à l’origine (PRADO) lancé en 2023 par le gouvernement
Pour résumer : « L’essentiel des mesures du PRADO n’a pas été mis en œuvre : nombre d’entre elles ont tout simplement été abandonnées en cours d’exécution et ce, sans consultation ni information des institutions et acteurs de la société civile.
# Concurrence des racismes
La mise en concurrence des racismes n’est donc en rien une fatalité, au contraire le rapport souligne à plusieurs reprises la corrélation entre les différentes formes de racisme, qui se complètent l’un l’autre pour former une idéologie raciste structurée.
Si l’on pose des questions plus précises, les réponses sont plus inquiétantes
A peu près une moitié des sondé·es sont prêts à reprendre des éléments clés du discours de l’extrême-droite, notamment sur l’immigration :
- 50% estiment » qu’aujourd’hui en France on ne sent plus chez soi comme avant » ;
- 55% « qu’il y a trop d’immigrés en France » ;
- 44% que « l’immigration est la principale cause d’insécurité ».
La même contradiction se retrouve dans l’ensemble de l’étude : les sondé·es sont majoritairement opposé·es au racisme lorsque celui-ci se présente de manière abstraite, mais les réponses sont beaucoup moins claires lorsque des questions concrètes sont soulevées.
Sans surprise là aussi, le pourcentage de réponses correspondant à un discours xénophobe augmente en fonction
- de l’âge: (49% des plus de 70 ans ont une attitude « systématiquement hostile envers l’immigration »),
- de la proximité avec le Rassemblement National (83% des sympathisant·es RN),
- et inversement au niveau de diplôme (50% des personnes ayant un diplôme inférieur au bac, ce qui devrait être particulièrement inquiétant si on considère que la gauche doit parler aux classes populaires) (p. 244).
# Voyageurs·ses, Gens du Voyage, Roms, Tsiganes ...
En ce qui concerne plus spécifiquement les différentes formes de racisme le groupe plus ciblé est aussi celui qui bénéficie du moins de soutien dans les sphères militantes, politiques et médiatiques, à savoir les Voyageurs·ses dont
- 49% des sondés estiment qu’ils « vivent principalement de vols et de trafics » (p. 247)
- et 53% qu’ils « exploitent des enfants » (p. 328).
Ce racisme est probablement aujourd’hui celui qui se base le plus sur l’idée d’une différence insurmontable avec la société dominante (une « alterité radicale » dans le texte, p. 324) :
- 72% des personnes interrogées estiment que les Rroms sont « majoritairement nomades »,
- 56% qu’ils « ne veulent pas s’intégrer en France » et seraient « gênées à l’idée d’avoir un voisin rom ».
Des chiffres très élevés alors que le sujet est complètement absent du débat public.
# Islamophobie
L’islamophobie est également étudiée, elle est répartie parmi la population de manière proche de ce qu’on a lu jusque là, à savoir que les déclarations les plus frontalement racistes sont rejetées :
- 82% des sondés estiment « qu’il faut permettre aux Musulmans de France d’exercer leur religion dans de bonnes conditions » et que « les Français musulmans sont des français comme les autres », ces réponses sont majoritaires y compris au sein de l’électorat RN (56% et 58%).
Dans le même temps, d’autres propositions portant sur des points plus précis montrent une diffusion de masse de l’islamophobie dans la société
- par exemple, 42% estiment que « l’islam est une menace pour l’identité de la France ») (p. 249).
Comme pour la xénophobie et la rromophobie, ces réponses augmentent corrélativement à l’âge et à la proximité avec l’extrême-droite.
# Antisémitisme
Sur l’antisémitisme par contre, la structure est autre, à savoir que les préjugés antisémites sont bien présents à un niveau élevé au sein de l’électorat du RN, mais également au sein de celui de LFI.
Ainsi,
- la proposition « pour les Français juifs, Israël compte plus que la France » est acceptée par 38% des sondé·es proches du RN et par 43% des sondé·es proches de LFI,
- tandis que celle « les Juifs ont un rapport particulier à l’argent » est validée par 44% des sympathisant·es RN et 48% des sympathisant·es LFI.
Plus inquiétant encore
- 32% des sondé·es LFI estiment qu’on « parle trop de l’extermination des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale »,
- tandis qu’ils sont 14% à valider cette proposition au RN, parti pourtant héritier de Pétain et de la Collaboration (p. 250).
Une telle diffusion des idées antisémites au sein des sympathisant·es LFI ne surprendra malheureusement personne, tant les provocations des dirigeant·es insoumis sur le sujet ont été nombreuses et médiatisées et tant les réactions du mouvement social sont restées timorées.
Les auteurs du rapport nuancent cependant : « Il convient enfin d’analyser ces données cumulées avec prudence.
Les modèles utilisés mettent en lumière des associations entre variables, pas des liens de causalité.
Il est impossible de déterminer si la proximité partisane influence le score d’antisémitisme, ou si au contraire, ce sont les préjugés antisémites qui poussent les individus à se sentir proches de certains partis politiques. » (p. 289).
Ils ajoutent également « la proportion de sondés choisissant LFI comme parti dont ils se sentent « le plus proche ou le moins éloigné » représente également 7 % de l’échantillon (représentatif, rappelons-le, de la population adulte résidant dans l’Hexagone, étrangers compris). Ils pèsent deux fois moins que les proches du RN aujourd’hui (14,5 %) chez qui la proportion d’antisémites est similaire.
Les gros bataillons de l’antisémitisme se composent donc de non Musulmans, et de sympathisants d’autres partis que LFI. » (p. 298).
Dans tout les cas, on ne peut que constater que, pour une partie non négligeable de ses sympathisant·es, le vote et le discours LFI sont compatibles avec des positions antisémites
Cela démontre à minima un manque de clarté sur le sujet et un échec flagrant sur le plan antiraciste.
# Les auteurs du rapport de la CNCDH étudient aussi le lien entre antisémitisme et critique de la politique israélienne.
Pour cela, ils différencient trois profils statistiques :
- le premier cumulant une importante sur-représentation de propositions relevant d’un antisémitisme qu’on pourrait rapprocher du complotisme (« les Juifs ont trop de pouvoir en France », « les Juifs ont un rapport particulier à l’argent », etc) et secondairement une part élevée, quoique moindre, de réponses en opposition à la politique israélienne ;
- le second correspondant à une critique d’Israël non liée aux stéréotypes antisémites classiques (sur-représentation de la proposition « les Israéliens portent la plus grande part de responsabilité dans le conflit israélo-palestinien » et sous-représentation des préjugés antisémites classiques) ;
- le troisième lié à un rejet aussi bien d’Israël et du judaïsme qui lui est associé que de la Palestine (on pourrait le lier à un positionnement nationaliste de type maurrassien, avec des propositions comme « Pour les Juifs français, Israël compte plus que la France », « La religion juive évoque quelque chose de négatif », « La Palestine n’évoque pas quelque chose de positif », etc.).
Si l’on associe les trois profils définis à l’opinion politique des sondé·es, les deux premiers profils semblent plus associés à LFI et le troisième au RN. (p.306).
Ce dernier semble numériquement plus important et les auteurs du rapport précisent : « Les sondés les plus réceptifs aux préjugés antisémites classiques ayant tendance à englober dans un même rejet Israël et la Palestine, la critique d’Israël et de sa politique au Proche-Orient n’est pas le ressort premier de l’antisémitisme en France aujourd’hui, même après le 7-Octobre » (p. 304).
Pour autant, le fait qu’une étude sérieuse estime que les indicateurs d’antisémitisme complotiste sont proportionnellement plus présents au sein du public de la principale force de gauche que chez celui du parti fondé par Jean-Marie Le Pen est un signe fort de l’état de décomposition de la gauche.
# Si l’on veut mener une lutte antiraciste déterminée et conséquente, il faudra que les forces de gauche s’emparent réellement du sujet, sans ignorer leurs angles morts.
Cela passe par un important travail de propagande, d’information et d’éducation populaire auprès des masses, car il y a beaucoup à faire et cette étude vient à nouveau le rappeler ;
- par une prise en compte de chaque racisme dans sa spécificité, notamment la rromophobie qui est la grande oubliée des mobilisations antiracistes ;
- mais aussi par un travail de discussion, de confrontation et de formation interne afin que nos espaces militants ne deviennent pas gangrenés par le racisme, comme LFI l’est en partie par l’antisémitisme.
# Et plus que jamais, il faudra se mobiliser pour empêcher une prise de pouvoir du Rassemblement National, aujourd’hui la principale force politique liée aux différentes formes de racisme, et pour combattre ses idées.
#Antifascisme #Antisémitisme #Antitsiganisme #CNCDH #Formation #Gauche #Islamophobie #PRADO #Racisme #Rn #Rromophobie #LFI
Pour les grands passages, les solutions sont identifiées et partiellement mises en place dans certains départements.
On parle de réaliser les aires déjà prescrites, disposer, dans chaque département, d’un coordinateur et d’un médiateur clairement identifiés.
On parle aussi au niveau national d'harmoniser les formulaires de préinscription.
D'ailleurs en matière de coordination celle-ci doit dépasser l'échelle départementale, pour rejoindre une programmation régionale comme c'est aujourd'hui le cas en Bretagne.
Enfin toujours sur le sujet il faut permettre au préfet de mobiliser rapidement du foncier lorsque les collectivités sont défaillantes, mais aussi organiser la facturation, l’état des lieux et la remise en état au moyen de conventions claires.
Le rapport sénatorial lui-même reconnaît l’utilité des médiateurs départementaux et constate que plusieurs départements en sont encore dépourvus.
Il souligne également l’intérêt des aires de petit passage pour accueillir les familles isolées et les groupes de faible effectif.
Car c'est ici que le vide législatif se fait le plus ressentir.
Rien ou presque n'est prévu pour les petits et moyens groupes, il faut sortir du face-à-face stérile entre installation sans titre et évacuation.
Cela suppose de recenser des fonciers utilisables pour des haltes temporaires, de conventionner les occupations ne présentant pas de danger, de développer la médiation et de créer des aires de petit passage proportionnées aux besoins.
Une collectivité doit pouvoir dire à un groupe : « Vous ne pouvez pas rester ici, mais voici le lieu où vous pouvez stationner temporairement, à telles conditions et pour telle durée. »
Enfin, pour les familles qui ne sont plus dans une logique de passage, la réponse relève de l’habitat : terrains familiaux, habitat adapté, logements sociaux compatibles avec la conservation d’une caravane, prise en compte effective de l’habitat mobile dans les documents d’urbanisme et possibilité réelle de vivre sur un terrain dont on est propriétaire.
Ce sont ces politiques qui réduisent durablement les installations sans titre.
Une politique sérieuse devrait être capable de répondre à une question très simple : où une famille arrivant demain dans un département peut-elle légalement s’arrêter ?
Tant que Gabriel Attal ne répondra pas à cette question, sa « révolution » ne sera qu’une nouvelle méthode pour déplacer les mêmes caravanes d’un terrain interdit vers un autre terrain interdit.
Ce n’est pas une politique de l’ordre.
C’est l’organisation administrative, coûteuse et interminable, du désordre qui est proposé par l'ex premier ministre.
#gensDuVoyage #Logement #antitsiganisme #WilliamAcker #ANGVC #Voyageurs
La proposition la plus inquiétante est celle d’un « registre national obligatoire dès vingt caravanes », qui permettrait de suivre les convois et d’en refuser le passage lorsqu’ils « accumulent les délits ».
Derrière cette formule apparaissent d’immenses questions.
Qu’est-ce juridiquement qu’un convoi ?Une liste de personnes ?
Une liste de véhicules ?
Une association ?
Un regroupement temporaire de familles ?
Qui déciderait qu’une personne appartient ou non à ce groupe ?
Pendant combien de temps ?
Que se passerait-il lorsqu’une famille quitte le groupe et qu’une autre le rejoint ?
Les groupes ne sont pas des entités fixes.
Les liens familiaux, les contraintes professionnelles, les hospitalisations, les mariages, les décès ou les simples choix individuels en modifient continuellement la composition.
Surtout, que signifierait le fait qu’un convoi « accumule les délits » ?
Les actes commis par une personne seraient-ils imputés à toutes les autres ?
Une famille rejoignant temporairement un groupe pourrait-elle se voir interdire une commune en raison de faits auxquels elle est totalement étrangère ?
Ce registre dès lors qu’il identifierait des personnes et leurs déplacements en raison de leur rattachement réel ou supposé à une population particulière, pourrait révéler indirectement des données relatives à l’origine ethnique.
Or ces informations constituent des données sensibles dont le traitement est, par principe, interdit sauf fondement légal et garanties strictes.
L’histoire française devrait, sur ce point, imposer une extrême prudence.
La loi de 1912 avait institué les carnets anthropométriques afin d’identifier et de contrôler les personnes qualifiées de « nomades ».
Ce régime d’exception a ensuite survécu, sous d’autres formes, avec les carnets et livrets de circulation, mais a surtout servi d'instrument pour l'internement des "nomades" en camps de concentration et la déportation de certains d'entre-eux.
Lorsqu’un responsable politique propose de nouveau un registre national attaché au déplacement collectif d’une population déterminée, il lui appartient d’en exposer très précisément le fondement, les finalités, les données conservées, la durée de conservation, les autorités pouvant y accéder et les voies de recours, car on touche là aux limites de la République.
Or, rien de tout cela n’est présenté.
Du contrôle d’une installation à la surveillance des déplacementsLe seuil retenu pour ce registre national est particulièrement révélateur.
En visant les groupes dès vingt caravanes, Gabriel Attal ne parle manifestement pas seulement des grands passages, qui concernent des rassemblements de plus de 150 résidences mobiles.
Son dispositif toucherait également des groupes familiaux de petite ou moyenne taille, dont les déplacements ne relèvent pas des mêmes réalités.
Il ne s’agirait donc plus seulement de mieux organiser les grands rassemblements estivaux, mais de rendre administrativement traçables les déplacements ordinaires de familles voyageuses.
Plus inquiétant encore, Gabriel Attal affirme que les autorités pourraient refuser le passage d’un convoi qui « accumule les délits ».
Mais un convoi n’est pas une personne morale.
Il ne possède ni personnalité juridique, ni composition permanente, ni responsabilité pénale collective.
Des familles rejoignent un groupe, le quittent, se séparent ou se retrouvent en fonction des événements familiaux, professionnels ou médicaux.
Qui « accumulerait » alors les délits ?
Les auteurs des infractions ou l’ensemble des personnes voyageant momentanément avec eux ?
Une famille pourrait-elle se voir interdire l’accès à une commune en raison de faits commis par une autre ?
Les enfants seraient-ils également rattachés à cet historique ?
Combien de temps une personne resterait-elle associée à un groupe ?
Le droit pénal français repose pourtant sur un principe élémentaire : nul n’est responsable pénalement que de son propre fait.
Derrière le registre national se dessine donc moins un outil de gestion des installations qu’un mécanisme de sanction collective et préventive.
La « révolution » proposée ne consiste pas à rendre possible l’installation légale.
Elle consiste à ficher, et étendre les outils d'éviction sociale et spatiale des Voyageurs.
L’angle mort de l’ensemble de ces propositions est le mal-logement.
Une étude publiée en juin 2026 par la Fondation pour le logement estime qu’au moins 177 000 Voyageuses et Voyageurs sont en situation de mal-logement.
Elle recense notamment les installations sans titre, les situations d’errance contrainte, la résidence permanente sur des aires d’accueil, l’insalubrité et les difficultés rencontrées par des familles vivant sur leurs propres terrains en contradiction avec les règles d’urbanisme.
Dans le même temps, la France ne compte que 26 579 places effectivement disponibles (et ce chiffre est très théorique) sur les aires permanentes d’accueil.
Ces chiffres ne se superposent pas mécaniquement, car une place accueille une caravane ou un ménage et toutes les personnes mal logées n’ont pas vocation à séjourner sur une aire.
Mais ils illustrent l’inadéquation massive de la réponse publique.
Une aire d’accueil est destinée au passage, ce n’est pas un logement social et encore moins une réponse normale pour une famille qui cherche un lieu de vie durable.
La situation des terrains familiaux locatifs est encore plus révélatrice : seules 1 970 places ont été réalisées sur les 10 608 prescrites.
Le taux de réalisation n’atteint que 18 %.
Tant que des familles resteront plusieurs années sur des équipements destinés au séjour temporaire, les places ne se libéreront pas.
Tant qu’elles ne pourront pas vivre légalement sur leurs propres terrains, elles resteront exposées aux procédures d’urbanisme et aux expulsions.
Tant que les petits groupes ne disposeront pas de lieux de halte, ils continueront à chercher dans l’urgence un parking, une friche ou une parcelle inoccupée.
Gabriel Attal ne répond pas au problème mathématique.
L'année 2026 commémore le 170e anniversaire de l’abolition de l’esclavage des Rroms en Moldavie et Valachie (deux principautés de la Roumanie actuelle).
Une histoire trop oubliée d’un esclavagisme qui a duré cinq siècles.
Europe même, et cela était connu.
Alors que la France débattait encore de l’abolition de l’esclavage colonial, le militant anti-esclavagiste Victor Schoelcher découvrait cette réalité et dénonçait la présence de cette servitude au cœur de l’Europe : « Il y a encore des esclaves en Europe.
En Valachie et en Moldavie, les Tsiganes sont esclaves, vendus, échangés, légués comme du bétail. ».
170 ans après, pourquoi a-t-on oublié cet esclavagisme ?
Découvrir ou redécouvrir son histoire, c’est aussi s’intéresser aux racines d’un racisme persistant contre une communauté Rroms, qui partout en Europe, reste discriminée.
Le volet consacré aux sanctions relève lui aussi largement de l’effet d’annonce.
Gabriel Attal propose des amendes forfaitaires et la saisie des véhicules.
Ces mesures existent déjà.
Le code pénal punit l’installation en réunion, en vue d’établir une habitation même temporaire sur certains terrains sans l’autorisation du propriétaire, d’un an d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende.
Une amende forfaitaire délictuelle de 500 euros est prévue.
Les véhicules automobiles utilisés peuvent être saisis en vue de leur confiscation, à l’exception des véhicules destinés à l’habitation.
Ce n’est pas un privilège accordé aux Voyageurs, saisir une résidence principale mobile revient à priver immédiatement une famille de son domicile.
Le candidat propose également un nouveau délit de « maintien illicite ».
Mais il n’explique pas quel vide juridique ce nouveau délit viendrait combler entre l’infraction pénale d’installation sans titre, les arrêtés d’interdiction de stationnement, les mises en demeure préfectorales et les procédures administratives ou judiciaires d’évacuation.
Ajouter une nouvelle incrimination ne garantit ni son application, ni le recouvrement des amendes, ni la disponibilité des forces nécessaires pour procéder matériellement à l’évacuation de plusieurs dizaines ou centaines de caravanes.
Cela augmente simplement le volume du code pénal !
Les quarante-huit heures existent déjàGabriel Attal propose enfin que « tout recours au juge » obtienne une réponse dans les quarante-huit heures.
Ce délai existe déjà.
Lorsqu’une mise en demeure préfectorale de quitter les lieux est contestée, le recours suspend son exécution et le président du tribunal administratif, ou son délégué, doit statuer dans un délai de quarante-huit heures à compter de sa saisine.
La révolution annoncée consiste donc, sur ce point, à recopier le droit en vigueur.
Le projet RIPOST, définitivement adopté par le Parlement le 21 juillet 2026 mais actuellement soumis au Conseil constitutionnel, est lui-même déjà venu renforcer ce dispositif.
Dans la version adoptée par l’Assemblée nationale, la période pendant laquelle une mise en demeure peut continuer à produire ses effets en cas de réinstallation devait passer de sept à quatorze jours.
Le texte cherchait également à qualifier automatiquement certains branchements sans autorisation et l’absence de collecte des déchets d’atteintes à la sécurité ou à la salubrité publiques.
Avant même l’entrée en vigueur éventuelle de ces dispositions, Gabriel Attal promet donc déjà d’aller plus loin, sans évaluation, sans bilan et sans même préciser ce que son nouveau dispositif ajouterait réellement.
Gabriel Attal souhaite également que les emplacements soient facturés « au minimum au prix d’un camping, comme s’en acquittent tous les Français ».
La comparaison paraît relever du bon sens.
Elle est pourtant profondément trompeuse.
Un camping est un équipement touristique librement choisi par ses clients.
Il propose des prestations, un niveau de confort, des équipements de loisirs et une localisation correspondant à une activité de vacances.
Une aire permanente d’accueil est un équipement public destiné au séjour temporaire de personnes dont "l’habitat traditionnel" (au titre de l'article 1er de la loi du 5 juillet 2000) est constitué de résidences mobiles.
Les Voyageurs ne choisissent pas librement parmi une offre abondante d’équipements.
Ils sont juridiquement incités, et parfois contraints, à rejoindre des aires dont le nombre est insuffisant, dont certaines sont fermées ou durablement occupées, et qui sont régulièrement implantées à proximité de routes, de déchetteries, de zones industrielles ou d’installations présentant des nuisances.
Ils paient déjà un droit de place ainsi que leurs consommations d’eau et d’électricité.
Dans de nombreuses collectivités, une caution est également demandée.
Et il arrive que les tarifs soient supérieurs à ceux des campings les plus proches.
Aligner les tarifs sur ceux des campings ne créerait pas une seule place supplémentaire.
Cela ne résoudrait ni la saturation des équipements, ni l’absence de terrains de petit passage, ni le défaut d’habitat adapté.
Une telle augmentation risquerait seulement d’aggraver les impayés et d’exclure davantage les familles les plus pauvres des solutions légales.
Car il faut aussi le rappeler, les Voyageurs sont exclus d'un certains nombre de dispositifs sociaux et de protections juridiques (APL, trêves hivernales, chèques énergie, etc.)
Cette proposition révèle surtout la manière dont le sujet est construit : les "gens du voyage" seraient des vacanciers qui refuseraient de payer leur séjour, et non des personnes confrontées à une pénurie organisée de lieux où s’arrêter et habiter.
Le problème n’est pourtant pas que les aires seraient trop peu rentables.
Le problème est qu’elles sont trop peu nombreuses, souvent inadaptées et utilisées comme une réponse permanente à des situations qui relèvent en réalité du logement.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9e_internationale_des_Roms
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La Journée internationale des Roms est une journée fixée au 8 avril dont le but est de célébrer la culture rom et de sensibiliser les populations aux problèmes rencontrés par le peuple rom.
La journée est officiellement proclamée à Serock, en Pologne, lors du quatrième congrès de l'Union romani internationale.
Le jour du 8 avril est choisi en hommage au premier congrès international de l’URI, qui s'est tenu du 7 au 12 avril 1971 à Chelsfield, à côté de Londres, en présence de nombreux représentants des différents peuples roms.
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ANGVC Permanence juridique
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👋 liberation, merci pour cet article: https://www.liberation.fr/economie/medias/la-chroniqueuse-barbara-lefebvre-reintegree-dans-les-grandes-gueules-malgre-sa-condamnation-pour-injure-publique-raciste-20260422_LCYYSOC34JH4HO6ZZ74UCKMVE4/
Il serait peut-être intéressant de recueillir l'avis des "gens du voyage" eux-mêmes sur cette minimisation du racisme antitsigane ?
Par exemple au hasard, l'association qui est à l'origine de la plainte contre Mme Lefebvre...
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#antitsiganisme #racisme #ANGVC #WilliamAcker #GensDuVoyage #BarbaraLefèbvre #Media
