[Cadmium et bio - fin]
La seconde est une faute de méthode, consistant à justifier l'erreur précédente par l'affirmation "qu’en conditions réelles, le phosphate naturel tendre est utilisé dans de nombreuses exploitations en AB", sans en vérifier la réalité. Or cette affirmation fait bondir toute personne travaillant en bio ou avec des bio, tant elle est grotesque et hors-sol. Elle témoigne d'une totale méconnaissance de la réalité concrète des pratiques bio en France - ce qui prouve d'ailleurs, par son énormité, que la personne qui a imposé ce paragraphe l'a fait sur la base de préjugés idéologiques et ne connaît pas de l'intérieur ce dont elle parle.
Plus encore : il existe une étude multi-acteurs sur la gestion du phosphore en bio, menée par les institutions agricoles conventionnelles (Arvalis, INRAE, Chambres d'agriculture !) et qui ne peut donc certainement pas être accusée du moindre parti-pris (et dont la contestation constituerait une diffamation scientifique). Cette étude PhosphoBio souligne que sur les 175 parcelles et 866 "situations" étudiées dans des régions de productions bio représentatives et concernées par la question du phosphore, UNE SEULE a reçu des phosphates naturels tendres.
Une sur 866.
C'est ce qu'on appelle "epsilon", quantité négligeable, 0,11%. Nada.
La réalité, attestée par les scientifiques des instituts agronomiques français de référence, qui travaillent réellement sur les pratiques bio réelles, c'est que les bio français n'utilisent jamais de phosphates naturels, "plus ou moins epsilon".
➡️ Ajoutons que les indicateurs de résultat confirment l'intérêt de la bio pour limiter l'exposition au cadmium. Une méta-analyse internationale (synthèse des études sur le sujet) conclut qu'il y a nettement moins de cadmium en bio qu'en conventionnel.
https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC4141693/
Une enquête française menée l'an dernier par l'UFC - Que Choisir ? confirmait également cette information (à l'exception du chocolat à cause d'un biais de collecte… car le chocolat bio étudié provenait de sols sud-américains naturellement riches en cadmium).
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Les rapports successifs de l'ANSES se basent sur des données solides qui alertent sur l'exposition au cadmium et concluent de fait à la nécessité de développer l'agriculture biologique.
Mais très étrangement, le dernier volet publié hier, après un délai qui en devient suspect, semble avoir été "complété" en urgence d'un passage anti-bio de façon à éviter que le scandale du cadmium ne mette en lumière les vertus de l'agriculture biologique. Ce passage, indigne de l'Agence, pose de graves questions politiques et scientifiques.
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